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Apéruche VizThink : datajournalisme et outils de visualisation
Bug et la communauté VizThink France proposaient ce mercredi 25 janvier un atelier Vizthink à la Cantine numérique rennaise. Un peu plus de vingt personnes avaient répondu présent, des journalistes, des fonctionnaires territoriaux, des chercheurs, des entrepreneurs, des étudiants… des personnes déjà au fait de la notion de VizThink.
En introduction, Philippe Mc Clenahan présente le projet VizThink français, dont dont il fut l’initiateur à Rennes, lancé dans le cadre des apéruches en 2010. Aujourd’hui, des communautés se créent à Paris, Lille, Toulouse et Aix en Provence, chacune avec ses spécificités. Alors que Rennes est très orienté infographie et data-visualisation, Toulouse est plus tournée vers le « design thinking ». A Aix en Provence, Philippe Mc Clenahan envisage de travailler avec des chorégraphes en danse contemporaine, spécialistes du sketching : chacune de leur chorégraphie étant d’abord posée sur le papier, mise en image plutôt qu’en mots. VizThink est une communauté informelle, sans statut associatif, non-commerciale, l’idée est d’échanger et de réunir des participants motivés par la réflexion sur cette forme innovante de « pensée par l’image » qu’est le VizThink.
A Rennes, nous avons la chance d’avoir des personnes qui se bougent, tentent et travaillent à des nouveaux projets : Jean Abbiateci est de ceux là. Celui que l’on avait déjà invité pour nous présenter son webdoc Africascopie, était cette fois convié pour ses travaux de datajournalisme, visibles sur le site data-projet.com. « Le datajournalisme, on en parle beaucoup, et il y a finalement peu de travaux disponibles en France », c’est pourquoi Jean Abbiateci s’est lancé dans la création d’outils de visualisation. Le premier en date était un système de visualisation de la ventilation du budget de l’état, avec des comparaisons sur cinq ans. Le projet qui n’est pas sans rappeler le projet d’arbre de la dépense publique (tax tree) qui avait remporté en 2010 le concours Apps for democracy en Finlande, propose un graphique représentant les dépenses de l’état poste par poste, sur une infographie interactive où la taille de chaque rectangle est proportionnelle au montant des crédits alloués.
Data.gouv n’était pas en ligne lorsqu’il a fallu réunir les chiffres du budget de l’état, Jean Abbiateci s’est donc tourné vers le portail Performance-public. En compulsant une centaine de pdf, à la main, en allant chercher le chiffre utile dans chaque tableau, il a pu constituer un gros fichier excel sur quatre ans de dépenses, par postes et sous postes. Il nous explique que ça n’aurait pas été plus simple avec le portail data.gouv, sur lequel des milliers de fichiers ont été déposés sans médiation ni explication, la représentation des comptes étant différente d’un tableau à l’autre : « à refaire aujourd’hui j’utiliserais à nouveau Performance-publique ».
Au moyen d’une librairie javascript disponible en ligne et de l’api charts de Google pour générer des graphiques. « Avec un peu de connaissance html et css, ce n’est pas trop compliqué », Jean Abbiateci rend intelligible le budget de l’état sur une infographie interactive et visuellement pertinente. « Par exemple, on mesure bien l’importance de la dette, la faiblesse relative du budget consacré à la culture ou à la justice ». Les évolutions sur cinq ans donnent une idée des orientations politiques postes par poste.
Un travail réalisé à titre personnel, en quatre jours, qui comme le dit Jean Abbiateci, serait certainement perfectible en y consacrant plus de temps, mais dont la qualité est indéniable. Sur le site data-projet.com, on retrouve également la carte « où vivent les riches ? », où l’on découvre que la commune de Oyonnax compte un nombre important d’imposables à l’ISF. Une carte qui « permet de sortir des idées toutes faites et de traiter l’info un peu différemment, on ira peut-être enquêter à Oyonnax pour changer de Neuilly ou du 16ème« .
Un participant, journaliste, pose la question du coût et du financement : combien coûte un data-journaliste ? Quel budget pour une enquête de data-journalisme ? Qui est-ce que ça intéresse ? Est-ce que cela intéressera réellement le lectorat sur le long terme ? Ces rencontres où tout le public est convaincu ne sont-elles pas trop biaisées, comment aller convaincre ceux qui en fréquentent pas ateliers VizThink ou les rencontres HackThePress ? Autant de question pertinentes auxquelles il n’y a d’autre réponse que celle de continuer à créer des outils pertinent, afin qu’ils deviennent une évidence, pour le public comme pour les rédactions.
Dans l’ensemble, et en conclusion, Jean Abbatieci nous dit qu’il « faut un appétit de journaliste pour bien attaquer la donnée : les journalistes l’ont, les informaticiens l’ont, les graphistes souvent moins« , la question est « on a une info, comment on fait pour la traiter : peu importe la manière de la traiter, c’est ce qu’on va réussir à en tirer qui est intéressant ».
Atelier et non conférence, le rendez-vous est l’occasion de présenter des projets en cours, de soumettre des idées et trouver ensemble des solutions. Richard de Logu présente un projet de visualisation de la cartographie sociale des musiciens rennais sur 30 à 40 ans, créer un outil interactif, sur le modèle de SeattleBandMap (mais en beaucoup plus léger) pour naviguer d’un groupe à l’autre par les musiciens qui le compose. L’intérêt est de repérer les musiciens où les groupes pivots qui ont fait l’histoire des musiques actuelles à Rennes. Une cartographie sociale, des fiches modifiables couplées avec le Wiki-Rennes (sur lequel on trouve déjà 190 groupes ou artistes locaux), des vidéos et du son pour voyager dans les musiques actuelles. Les participants à l’atelier rebondissent, l’exemple de la base de données des Trans Musicales est donné : ce projet ne se restreint pas aux Trans. « Pourquoi ne pas ajouter les lieux de concerts pour repérer les lieux qui ont fait l’histoire ? » : solution écartée, il faut une entrée, pas deux pour que le projet soit accessible et pertinent. Quid du travail de recherche ? Le Wiki-Rennes sera la base du travail documentaire, les acteurs locaux des ressources musicales seront impliqués, un projet global autour de la visualisation, complètement en accord avec la philosophie des ateliers VizThink.
Dernier sujet abordé, la réflexion sur la création d’une typologie des services de consommation collaborative. Suite aux deux apéruches consacrés au sujet en moins d’un an, l’idée de créer une typologie des différents services dits de consommation collaborative est née. Un récent édito de Hubert Guillaud sur InternetActu a été l’occasion de se lancer. En effet, ces services sont souvent traités également dans l’analyse, quand ceux-ci ne sont pas tous équivalents : quel rapport entre une personnes qui prête son canapé à une autre, qu’il ne connaît pas à l’avance, à qui il ne demande aucune participation financière, avec qui il partage un peu de de son temps, et une autre qui loue ce même canapé 50 euros la nuit à une autre qu’il ne verra pas nécessairement. Peu si ce n’est que les deux services, couchsurfing et AirBNB sont considérés comme formant part du mouvement de la « consommation collaborative ». Une réflexion est en cours sur la manière dont on pourrait créer une typologie, selon les aspirations des consommateurs, et des « producteurs », afin non pas de dire que l’un est bon, l’autre est mauvais, mais de ne plus les traiter exactement sur le même plan. Représenter des services différents en fonction de critères eux-mêmes très différents : un casse-tête qu’il était intéressant de partager et dont les résultats seront bientôt partagés sur ce même blog.
Au final, deux heures d’ateliers, presque trop peu tant chaque sujet était l’occasion d’échanges passionnés et passionnants. Un atelier qui en appelle un autre, dans deux mois, toujours à la Cantine numérique.
Bug au Québec – récit
L’association Bug était représentée dans le voyage de la délégation du grand ouest au Québec du 23 octobre au 2 novembre derniers. Composée de Nantais, Malouins et Rennais, cette équipe aux intérêts parfois peu convergents s’est toutefois retrouvée à échanger sur des pratiques communes, et initier pour une partie des projets d’avenir (notamment entre entreprises et associations locales).
Bug avait pour objectif la rencontre de partenaires dans le champ du web citoyen, du développement des usages du numérique, des arts électroniques et du DIY (bricolage et démonstrations par la pratique). A cet effet, des contacts avaient été pris avec Communautique à Montréal, structure à but non lucratif dont l’objet social est assez proche de celui de Bug. Nous avions repéré d’autres démarches de coopération intéressantes : la Méduse à Québec, et les réseaux sans-fil de Québec (Zap Québec) et l‘île sans fil de Montréal.
L’arrivée à Québec et la présentation par les élus locaux et les responsables des administrations des projets numériques de cette ville nous ont appris deux choses : l’innovation dans le champ des usages du numérique est tout aussi périlleuse sur ce territoire que sur le nôtre, n’oublions pas en effet que les aides gouvernementales, municipales et provinciales ne sont pas aussi abondantes qu’en France. Stephen Harper, premier ministre canadien n’est en effet pas renommé pour son exceptionnel progressisme (voir notamment le débat sur l’avortement et la vente d’armes « d’épaule »). Second enseignement, l’enjeu pour le Québec actuellement est celui du village gaulois d’Astérix, d’ailleurs Régis Labeaume déclarait récemment à Ouest-France : « Nous sommes 7 millions de francophones dans une mer anglophone… » Il est vital pour cette province de développer des solidarités francophones et de mobiliser ses ressources de matière grise pour exister dans ce pays à l’échelle d’un presque continent.
C’est effectivement le cas pour Ubisoft, 60 personnes à Québec et quelques centaines à Montréal et pour Frima, autre studio de développement de jeu vidéo également implanté à Québec. Son directeur nous explique par ailleurs qu’il recherche actuellement 40 personnes, programmeurs, chefs de projet, designers graphiques et qu’en 10 ans, son entreprise est passée de 1 à 350 salariés. Le taux de chômage est la plus faible du Canada (3,9%) et la politique de séduction des entreprises internationales est assez offensive, nous avons pu nous en rendre compte. Au delà des performances économiques, le champ de la vie dé démocratique et citoyenne n’est pas oublié, la ville de Québec a en effet mis en œuvre un réseau wifi identique à celui de Montréal, en finançant la création d’emplois pour assurer la vie du projet : c’est Zap Québec. Une rencontre a eu lieu avec Dave Pelletier qui nous a permis de jeter les bases d’un possible projet de coopération en cours de rédaction. Nous avons également à cette occasion rencontré Vincent Tanguay, vice-président de Cefrio, centre francophone d’informatisation des organisations du Québec qui regroupe chercheurs, industriels, universitaires et réalise études, expérimentations, et assure une veille sur les usages au Québec.
Toutefois, la rencontre la plus intéressante pour nous fut celle avec Communautique, qui met en œuvre dans le cadre de son echolab un laboratoire de prototypage rapide en direction de tous les publics et plus particulièrement des handicapés. Plus largement, Communautique est à l’origine d’un Living Lab nommé Mandalab (Un Living Lab regroupe des acteurs publics, privés, des entreprises, des associations, des acteurs individuels, dans l’objectif de tester « grandeur nature » des services, des outils ou des usages nouveaux. Il s’agit de sortir la recherche des laboratoires pour la faire descendre dans la vie de tous les jours, en ayant souvent une vue stratégique sur les usages potentiels de ces technologies. Tout cela se passe en coopération entre des collectivités locales, des entreprises, des laboratoires de recherche, ainsi que des utilisateurs potentiels. Il s’agit de favoriser l’innovation ouverte, partager les réseaux et impliquer les utilisateurs dès le début de la conception) qui lance dans moult directions des expérimentations fort intéressantes. Il faut par ailleurs savoir que le concept existe également en Bretagne, (le Living Lab breton piloté par le Pôle Images et Réseaux est implanté à Lannion). Après 4 ans d’existence, ce Living Lab breton est quasi inconnu et on doit s’interroger sur la participation des habitants dans la conception de produits et services numériques. Aussi, des voies innovantes (technologiques et sociales) existent, nous l’avons vu avec Communautique qui a formé environ 16000 habitants au numérique, par la pratique dans des lieux ouverts de fabrications (fablab).
Notre projet d’échanges né de ce voyage est en cours d’élaboration et visera autour de thèmes comme les fablab, les plateformes d’expression citoyennes, les réseaux sociaux, l’e-inclusion, l’open data avec un partenariat très large et des connexions probables en Afrique francophone et au Québec.
« Upcycle it », le carnet de recyclage créatif
Qu’est ce que le UpCycling ? Si l’on en croit Wikipedia, c’est la « valorisation d’un matériel ou d’un produit inutile en un nouveau matériau ou produit de qualité ou d’utilité supérieure ».
Qu’est ce que “Upcycle It!” ? C’est le nom d’un projet hispano-allemand né à l’automne 2009 sur le thème du upcycling, ou comment revoir notre impact sur l’environnement, changer nos habitudes et imaginer des solutions pour réduire nos traces.
A partir des résultats de 23 ateliers organisés à Berlin et dans les Asturies (Espagne), le groupe Upcycle it ! a édité un ouvrage et réalisé des vidéos, reprenant les idées qui avaient germées dans ces ateliers, afin que chacun puisse s’improviser « upcycler ».
Un recueil dans lequel on apprend à transformer une palette en fauteuil, des bouteilles de plastique en sac ou en porte-monnaie, des briques de jus d’orange en porte-monnaie, des vieux t-shirts en tapis, des bananes en cuir végétal… Un joli carnet en monochrome où l’on trouve des photos, des manuels et des idées pour créer.
Upcycle it ! est disponible à la vente sous format papier, accessible sur le web en anglais et en espagnol, pas encore en français. Souhaitons qu’une traduction soit bientôt en ligne.
Open publication – Free publishing – More asturiasDans un post de ce blog, nous citions Rachel Botsman qui souhaitait que la consommation collaborative devienne le « new cool », la nouvelle tendance. Souhaitons que le upcycling le devienne également.
Les usages de réseaux sociaux en 2011
L’Observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP a livré en ce mois de novembre son étude annuelle, publiée chaque année depuis 2007 : une étude qualitative des usages de réseaux sociaux réalisée en 2011 auprès de 2080 internautes âgés de plus de 18 ans. 35 réseaux sociaux étaient passés à la loupe cette année, dont certains plutôt loufoques, car anecdotiques, comme « Louer un étudiant » ou Planète UMP (?!?).
Parmi les grands enseignements à tirer de ce cru 2011, il faut surtout noter la baisse des usages. Il semble que nous soyons arrivés à un plafond : 77% des internautes interrogés se déclarent membres d’au moins un réseau social, contre 78% en 2010.
Ce sont à peu près tous les dits « réseaux » qui voient leurs résultats baisser, seuls Facebook (+6%), Google+ (arrivé directement à la 7ème place, avec 12% des internautes qui se déclarent membres) et dans une moindre mesure Linkedin (+3%), continuent à gagner des parts de marché. Twitter reste très connu du grand public (85% des internautes), mais toujours aussi peu utilisé (8%). Il reste un réseaux de journalistes et professionnels du web.
Windows Live, premier toutes catégories en 2010 baisse considérablement (-12%), tout comme Copains d’avant (-6%), Trombi (-4%) et Myspace qui poursuit sa chute (-3%).
On peut noter les différences générationnelles dans les usages : les plus jeunes sont très présents sur Youtube (42%) quand les plus de 65 ans lui préfèrent largement Picasa (23%) : la vidéo contre la photo, ce qui reste assez logique.
S’il fallait conclure et faire un peu de prospective, on constate bien que le bulldozer Facebook a poursuivi son emprise sur le web en 2011 : 49% de l’ensemble des internautes y ont un compte, 76% des 18/24 ans. Cependant, la baisse des usages des réseaux sociaux par ailleurs peut laisser présager deux pistes :
- Facebook poursuivra son ascension et deviendra la seule référence,
- ou bien comme on peut déjà commencer à le constater, Facebook comme les autres va perdre peu à peu de son influence.
Déjà, une certaine frange de la population commence à s’en désintéresser, pour aller vers d’autres usages. Myspace a été « cool » avant de devenir « hasbeen« , le gif a été hasbeen avant de redevenir cool, Facebook par son hégémonie pourrait lui aussi fatiguer les internautes.
En savoir plus :
* Télécharger l’étude de l’IFOP (PDF)
[Avatars et Cie] Pierre Avril revient sur la rencontre professionnelle
J’ai participé, en tant qu’intervenant, à la rencontre professionnelle ayant eu lieu le vendredi 4 novembre à la MJC Antipode de Rennes dans le cadre de la manifestation « Avatars & cie » ayant pour thème les usages des TIC par les animateurs socioculturels et les travailleurs sociaux. Marianne Trainoir, doctorante en sciences de l’éducation à l’université de Rennes 2 travaillant sur les publics « en errance » étant également présente. La matinée était animée par Richard De Logu, directeur de l’association BUG (à l’origine de la manifestation). En termes de fréquentation, la manifestation fut un franc succès puisqu’une trentaine de professionnels étaient présents, principalement des animateurs, en effet, seulement deux éducatrices spécialisées représentaient les travailleurs sociaux. Peut être peut-on y voir le fruit d’une réticence de ce milieu professionnel pour les TIC, ou alors est-ce dû à un déficit communicationnel ? Il est vrai que la rencontre se déroulait dans une MJC, lieu de travail des animateurs, et que, sans doute, l’information aura circulé de MJC en maison de quartier, puis en EPN (Espace public numérique, lieu dévoué à l’animation et à la formation au numérique).
La matinée était découpée en trois parties :
1. Présentation de Richard De Logu des derniers chiffres concernant les usages du web, notamment chez les jeunes (public cible des animateurs et éducateurs).
2. Retour sur les constats de Richard, de retour du Québec, sur la prise en compte de la cybercriminalité dans ce pays
3. la présentation des expériences (la mienne l’an passé, celle de Marianne et celle de BUG en milieu carcéral.) Un temps restant devant nous permettre de nous répartir par ateliers afin de proposer des actions concrètes en matière d’usage des TIC pour travailler avec le public jeune.
1. Les chiffres (observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP)
On constate un taux absolument énorme de connexion chez ces jeunes (94 % au national) et une montée des séniors. 60 % des jeunes ont une pratique solitaire de l’Internet, ce qui peut interroger les professionnels de l’éducation et de l’animation autant que les parents. 51 % des élèves de 3ème passent plus de trois heures par jour sur le net (avec l’accord tacite des parents), principalement pour y regarder des vidéos (92 %) et y écouter de la musique (91 %). 86 % des lycéens possèdent aujourd’hui un compte sur Facebook, ce qui est tout de même plutôt énorme. Ces données ont permis un échange entre Richard, les professionnels, Marianne et moi sur la vision que chacun pouvait avoir des usages des jeunes en matière de TIC. Les constats pouvant être que les jeunes, catégorisés en génération Y (nés au début des années 90) et Z (les ados actuels), autrement nommés « web natives » ne se posaient plus la question de la pertinence voire même de l’existence d’Internet, qu’ils avaient totalement intégré dans leur quotidien. Richard et moi-même avons rappelé que les autres catégories de population étaient également de plus en plus présentes et « agiles » sur le web, sans doute pour des usages différents, mais que la différence quantitative était de moins en moins d’actualité. J’ai cité pour exemple les chiffres produits par le groupement d’intérêt scientifique « M@rsouin » pour la Bretagne, sur le taux d’équipement des bretons en matière de TIC. Il y est démontré que les séniors s’équipent de plus en plus. Dans l’ensemble, les professionnels se montrent plutôt convaincus de la pertinence de l’utilisation d’Internet dans l’animation ou dans l’éducation spécialisée, tout en s’inquiétant légitimement des risques liés à ces usages chez les jeunes (addictions1, comportements à risques, décrochage du réel). L’intérêt d’un accompagnement par les adultes parents comme professionnels de l’animation et de l’éducation est donc évident : le concept d’éducateur numérique cher au psychanalyste Yann Leroux prend ici tout son sens.
2. Dans un deuxième temps, Richard De Logu nous a fait un retour sur un séminaire qu’il a effectué au Québec au nom de l’association BUG. Il a été frappé par la manière de mettre en scène littéralement la cybercriminalité à la télévision québécoise. Sur les images qu’il en a ramené, on voit les supposés « cyber prédateurs » (accusés de crimes sexuels) à visage découvert, faire repentance devant les caméras. Leurs visages sont même publiés dans les journaux, avec leur nom. La conception n’est clairement pas la même qu’en France : les images sont choquantes et l’on se dit que la présomption d’innocence, chère à notre bonne vieille justice à la française, parait bien loin. Comment imaginer que ces personnes, après avoir purgé leur peine, pourront encore se réinsérer dans la société après avoir été littéralement mitraillés médiatiquement ? On tremble devant de tels procédés, que les pires purges télé façon TF1 ou M6 n’arrivent pas (encore) à utiliser.
On parle souvent du Québec comme d’un pays en pointe au niveau des TIC et de leurs usages éducatifs et pédagogiques et c’est juste, mais le reportage de Richard nous en a montré le revers de la médaille.
3. Les expériences
J’ai « ouvert le bal » des expériences en relatant le travail que j’ai fait l’an dernier au sein du service de prévention spécialisée « Le Relais » à Rennes (Educateurs de rue intervenant auprès de jeunes en grandes difficultés sociales, parfois même en errance) à savoir étudier les usages des TIC des professionnels, de leurs partenaires et, surtout, des jeunes qu’ils accompagnent. Ce travail est parti d’un constat de terrain que m’a confié M. Bacquet, le directeur du Relais, me faisant part du fait que les éducateurs constataient une désertion des espaces publics de la part de certains jeunes traditionnellement accompagnés par les éducateurs de rue en pieds d’immeuble ou dans leurs lieux de regroupement. Comme raison invoquée, la principale à émerger était « un repli sur la sphère privée » de la part de ces jeunes, de plus en plus utilisateurs de TIC (jeux vidéos, internet..) et, hypothèse, transférant leurs contacts sociaux via les réseaux émergents comme Facebook et autres. Mon travail alors a consisté à échanger avec les professionnels sur leur vision actuelle des TIC et de leur impact sur le monde et sur les jeunes qu’ils accompagnent, avec en fond l’idée que l’utilisation des TIC dans la relation éducative (inexistante jusque là) pouvait être le sujet d’une expérimentation.
J’ai rencontré trois catégories de professionnels : la première composée de technophobes virulents pour lesquels Internet représente un danger pour les jeunes qui l’utilisent et pour le travail spécifique de la prévention spécialisée (sous entendu : un éducateur devant un ordinateur n’est plus ni dans la rue ni dans la relation humaine réelle) ; la deuxième étant celle d’internautes avertis, convaincus qu’il fallait faire entrer leur métier dans le 2.0 (et ainsi rejoindre les éducateurs numériques de Yann Leroux) et forts d’expériences intéressantes, et enfin une dernière catégorie : les partisans des usages raisonnés du web, sans passion, conscients que les jeunes y sont, et que donc il faut y être. Reste à réfléchir au comment, au quand, et au pourquoi.
Ce groupe hétérogène a permis de créer un groupe de travail, composé des membres les plus motivés pour réfléchir à tout cela et qui se répartissent dans les trois groupes. J’ai rencontré des partenaires (MJC, Maisons de quartier, services de prévention déjà « connectés » sur ST Malo ou Fougères (35) et ces échanges sont venus étayer ma démarche autant que les lectures de Serge Tisseron, Antonio Casilli ou Dominique Cardon, et la collaboration active de l’association BUG et de personnes ressources au sein de l’université de Rennes 2 où je suis étudiant.
Les rencontres/échanges avec 25 jeunes de Rennes accompagnés par les éducateurs du Relais (allant des jeunes de quartiers au public errant au centre ville) ont fait émerger quelques points essentiels :
1.Ils ne questionnent plus Internet. Pour eux (ils avaient entre 11 et 30 ans) c’est là et cela existe
2.ils et elles ne sont pas naïfs. Ils connaissent bien les dangers du web et des réseaux sociaux en particulier
3.les filles sont beaucoup plus partisanes de l’utilisation des TIC pour communiquer avec les éducateurs que les garçons
4.Contrairement à ce que je croyais, certains sdf et marginaux possèdent des ordinateurs portables et des téléphones. Les ordinateurs sont utilisés chez Mac do pour profiter du wi-fi et rester connecter avec le monde.
Enfin, suite à cette étude, j’ai pu faire quelques préconisations (Permanences numériques Educateurs/jeunes ; expérimentations autour de Facebook ; développement de projets partenariaux autour des TIC).
Marianne Trainoir, jeune chercheuse en sciences de l’éducation à l’université de Rennes 2, s’est penchée sur la question des publics errants, sdf ou marginaux du centre ville de Rennes. Au travers d’un travail de terrain (recherche-action) elle a pu rencontrer un certain nombre de ses personnes, échanger avec eux et leur proposer, afin de faire connaissance, un travail autour d’un atelier de morphing en leur demandant de mélanger leur photo avec quelqu’un qui leur soit cher. La plupart ont choisi leurs chiens, qui représentent pour eux bien souvent ce qui leur reste de famille. Marianne, en échangeant avec les publics et des éducateurs travaillant avec eux a constaté un besoin pour eux de rester intégrer dans la société en arborant des téléphones portables factices, toujours ce paradoxe de personnes en marge, certains disant l’avoir choisi, mais souhaitant tout de même garder des apparences de normalité aux travers de la possession d’objets technologiques, fussent-ils factices. Vous pouvez lire les travaux de Marianne en ligne, et les enseignements qu’elle en a tirés en articulation avec des travaux théoriques, ou encore dans l’ouvrage de Pascal Plantard « Pour en finir avec la fracture numérique » aux éditions FYP auquel elle a participé.
Enfin, Richard De Logu nous a parlé du travail que BUG a effectué en milieu carcéral pour réfléchir à l’accès des prisonniers aux TIC, quand on sait que la plupart du temps l’accès wi-fi n’existe même pas dans les prisons. Ils ont quand même réussi à produire des outils de communication, comme un journal. Cette expérience nous démontre s’il le fallait les besoins existant en matière d’accompagnement aux usages des TIC dans ce secteur, comme dans celui de la santé mentale.
Pour clôturer la matinée, nous nous sommes réunis en ateliers pour réfléchir à des solutions concrètes. Le manque de temps restant a compliqué un peu les choses, ce qui nous amène à l’idée qu’il faudra nous revoir pour travailler sur cet aspect pratique : quelles activités mettre en place pour les professionnels et les publics ?
Une expérience riche, des échanges nourris et constructifs avec les professionnels, c’est ce qu’on peut retenir de cette rencontre, avec quelques grands chantiers à l’horizon : la formation des travailleurs sociaux aux usages des TIC, le besoin de coordination jeunes/parents/éducateurs sur ces usages, et la nécessité pour tous d’instaurer une pratique de veille sur ces usages afin de rester connecter avec ce qui se passe sur la toile.
Pierre AVRIL
Avatars et Cie, un tour d’horizon
Au printemps 2010, nous contactions l’Antipode-Mjc pour leur proposer de coorganiser un événementiel autour des thèmes de l’avatar, du jeu et des identités numériques. Notre idée : réunir différents acteurs autour d’un projet commun. Chacun des secteurs de l’Antipode – musiques actuelles, MJC, Bibliothèque – pouvait être intégrés à ce projet tant les angles d’attaques sont nombreux.
Du 2 au 5 novembre 2011, le hall de l’Antipode accueillait des installations numériques, cinq rendez-vous étaient programmés : une rencontre professionnelle, deux jeux urbains, une projection de documentaire et une soirée clubbing. Au total, plus de 1000 personnes ont assisté ou participé à l’une ou l’autre des propositions.
Installations numériques
Développé par Bug et la Ville de Rennes, le SMS-Wall est un mur contributif sur lequel chacun peut poster des messages, par sms, ou via Twitter et le hashtag #Avatarz, envoyer des images ou des liens vers des vidéos. Chacun a pu alimenter le fil de ce mur, devenu un espace d’information, de réactions à chaud, de traits d’humour ou de conversations à distance. Le mur a ainsi reçu 1697 messages, dont 1410 pour la seule soirée clubbing.
Forward to the Past, dispositif né d’un partenariat entre la Ville de Rennes, Archividéo et Bug, propose au public de naviguer dans la maquette 3D de la ville sur cinq époques, avec le corps pour joystick : les mouvements de la main et du bras contrôlent l’écran. Déjà présenté à de nombreuses reprises, l’installation fonctionne avec tous les publics, toutes générations confondues. Qu’ils soient jeunes du quartiers, retraités ou clubbers invétérés, tous accrochent à Forward to The Past.
Les nantais de Ping proposaient la Miam_Bot, réalisée à partir d’un mashup de logiciels libres : sur deux écrans, un détecteur de mouvement, un détecteur de visage et de réseaux bluetooth donnaient à voir les traces que chacun laisse lorsqu’il se déplace : une mise en garde contre la surveillance.
Rencontre professionnelle
Volet professionnel d’Avatars et Cie, la rencontre organisée le vendredi 4 novembre dans la salle de concert de l’antipode avait pour ambition d’exposer les usages des jeunes, les opportunités et risques qu’ils présentent pour les professionnels de l’animation et de l’accompagnement des jeunes, et d’évoquer des expériences réussies de projets menés dans ce domaine. La rencontre était animée par Richard de Logu, directeur de Bug, Marianne Trainoir, ingénieure d’études pour le groupe de recherche e-inclusion M@rsouin, et Pierre Avril, qui venait présenter les résultats de son étude sur les pratiques en matière de nouvelles technologies chez les éducateurs du Relais. Au départ réservé à 20 personnes, ce sont finalement 35 individus qui on participé à cet atelier : animateurs socio culturels (jeunesse et multimédia), travailleurs sociaux, salariés de bibliothèques, sociologue, chercheurs…
Cette demi-journée après avoir évoqué des données sur les usages des adolescents du numérique ont permis de converger vers des constats communs : une inquiétude croissante des parents, de l’institution et des encadrants dans leur majorité face à un phénomène fulgurant et désarmant. Entretenue par des médias souvent sévères à l’égard de l’internet, cette peur n’est cependant pas totalement justifiée et il est tout à fait possible d’entreprendre des démarches afin d’établir un juste constat et des action concrètes. En premier lieu un déficit patent de formation aux usages à destination des encadrants leur permettant de comprendre et d’agir à l’aide du numérique pour conquérir ce public qui échappe progressivement à tout dispositif. En second lieu, une information à destination des parents, égarés devant cette évolution vertigineuse. Enfin, une intervention constante et experte au contact des jeunes qui s’ils semblent pour la plupart mesurer les risques de ces usages (contrairement à ce qui est souvent affirmé), sont parfois des proies de choix pour les multinationales dominantes de l’internet. Certains âges sont par ailleurs à particulièrement surveiller et conseiller, les collégiens et les enfants des écoles primaires. Il est à noter que les agissements extrêmes (harcèlement) dont sont parfois victimes les adolescents sont issus pour la plupart d’autres jeunes de leur âge (voir sur ce sujet l’article de Yann Leroux).
Pierre Avril a soulevé les difficultés rencontrées par l’institution sociale face aux usages du numérique de leur public et à l’inadaptation de la réponse et des usages professionnels des éducateurs. Il met également en évidence la nécessité de disposer de ressources afin de progresser et de ne pas s’éloigner du public qui occupe désormais un espace virtuel échappant totalement à la vision des encadrants.
Marianne Trainoir a évoqué de nombreuses expériences menées auprès de publics en errance à l’aide du numérique. Les résultats sont éloquents et révélateurs de la richesse de ces technologies employées fort modestement mais dont l’apport pédagogique et comme objet de médiation est incontestable.
The Cat, The Reverend and The Slave
Consacrer une semaine aux avatars sans aborder Second-Life n’était pas faisable, nous avions donc invité Alain-Della Negra à présenter le documentaire qu’il a réalisé avec Kaori Kinoshita : The Cat, The Reverend, and The Slave. Soixante-dix personnes avaient répondu présent pour visionner ce voyage dans les communautés emblématiques de Second-Life, parmi lesquelles les Furry, qui se prennent pour des animaux et se réunissent dans des fêtes sur Second Life comme dans la vraie vie, les missionnaires des mondes virtuels et ceux qui y trouvent des esclaves sexuels. Un très beau documentaire, sur la forme comme sur le fond, sans aucun jugement de valeur, qui nous entraine dans un road-movie dans le midwest américain, à la rencontre de personnages, réels et virtuels, parfois bizarres, parfois drôles. Le public aura autant apprécié le film que la rencontre, Alain Della-Negra expliquant simplement sa démarche, répondant aux questions du public et du SMS-Wall branché pour l’occasion.
Jeux urbains
Souvent qualifiés d’activité solitaire et déconnecté du réel, les jeux vidéos sont bien des activités réelles et génératrices de sociabilité, d’où cette idée de réinvestir la ville par le jeu. Des adultes qui jouent aux jeux vidéo pourraient aussi jouer « pour de vrai » dans la ville : tel était le pari des deux jeux proposés pour Avatars et Cie : une idée qui vient d’Angleterre, ou un site – Ludocity – et un festival leurs sont consacrés. Importer ce modèle était risqué, tant nous avons en France des difficultés à faire preuve d’auto-dérision et à oublier notre image.
Mercredi, Bees, un jeu de piste par équipes dans le quartier de Cleunay était ouvert aux adultes et aux enfants. Les adultes n’ayant pas répondu, ce sont une quinzaine d’enfants qui ont parcouru le quartier pendant une heure et demi, munis d’antennes et de kazoo, à la recherche du pollen.
Samedi, le challenge consistait à reproduire une partie de Snake, sans téléphone. Dans un Human Snake, le serpent est formé par une file de joueurs, chacun se porte volontaire en élevant une fleur au-dessus de sa tête : lorsque la file de joueur engloutit le porteur de la fleur, il prend la tête du serpent pour aller manger une nouvelle fleur. Improvisée sur la place de la mairie, sans trop savoir si cela allait fonctionner, ce sont au final une trentaine de personnes qui sont entrées dans la file, devant le regard éberlué des passants, dont cette personne âgée : « c’est étrange ces adultes qui jouent à des jeux d’enfants ». Un jeu sans autre objet que celui de s’amuser, duquel les participants sont ressortis enchantés.
Amène ton Avatar
Point final de Avatars et Cie, l’Antipode affichait complet avant l’ouverture pour la soirée Amène ton avatar. Près de 600 personnes ont dansé jusque cinq heures du matin, sur la musique de Mondkopf, Danger, Rafale et Kogura Mustache, joué sur les bornes d’arcade ou avec le gifomaton de 3hitcombo, envoyé plus de 1400 messages sur les murs contributifs installés dans le bar et dans la salle de concert. Une soirée plus folle encore que les soirées furry que filmait Alain-Della Negra dans son documentaire, un sommet festif pour clôturer une semaine qui aura tenu ses promesses.
Rendez-vous en 2012.
[Slides] Apéruche : consommation collaborative : nouveaux usages, nouveaux business.
Très bon apéruche ce mercredi soir : l’occasion de passer en revue quelques uns des nouveaux services de pair à pair créés dans le cadre de ce que l’on appelle également l’économie du partage.
L’occasion également de s’arrêter sur les motivations et les ressorts de ce mouvement qui tend à devenir une lame de fond.
Un plus long compte-rendu sera bientôt mis en ligne ici-même.
En plus :
Retrouvez des liens vers plus de 100 sites de consommation collaborative.
Consommation collaborative : nouveaux usages, nouveaux business
Après un premier rendez-vous en janvier 2011, nous vous proposons une deuxième rencontre sur la Consommation collaborative, le mercredi 26 octobre 2011 à la Cantine numérique rennaise.
Donner, louer, échanger, partager via les technologies et les communautés de pairs, voilà la définition que l’on peut donner à la consommation collaborative. Avec le web se sont développés des dizaines de services de pair à pair : Ebay ou Leboncoin pour la vente, Freecycle pour les dons, CouchSurfing ou AirBNB pour l’hébergement, Covoiturage.fr ou Cityroul pour les déplacements, AMAP traditionnelles ou La Ruche qui dit oui, etc.
Après une explication de texte sur le terme de Consommation collaborative et un passage en revue de différents services, nous essaierons d’analyser les ressorts et les motivations de ce « mouvement », qui déjà regroupe de nombreuses formes, quelque part entre engagement citoyen et « individual business ».
Prêter un sofa dans son salon n’a pas le même sens que louer un hamac dans son garage, donner sur Freecycle a un autre sens que vendre sur Ebay. Sans être opposées, ces pratiques ne font pas appel aux même ressorts.
Cet apéruche sera l’occasion d’en parler et d’en débattre.
Lieu : La Cantine numérique rennaise, ancienne boutique des Champs Libres, 46 Bd Magenta.
Visualisation de la donnée financière : Acte II
Le 21 septembre 2011 avait lieu à La Cantine numérique, la 2ième soirée VizThink Rennes animée par Richard Delogu, consacrée à l’exploitation libre des données publiques numériques mises à disposition par Rennes. Un deuxième rendez-vous après l’atelier Visualisons Rennes, tenu au mois de juin dernier, dont voici le compte-rendu.
L’atelier a permis dans un premier temps d’exposer les travaux qui ont été réalisés lors du workshop organisé sur ce sujet durant les étés TIC en juin 2011. Et notamment de rappeler que les données financières communiquées par la ville de Rennes sur le financement des associations, n’ont pas suffit à construire une représentation satisfaisante pour le groupe.
La réunion a permis de rediscuter des modalités pratiques des prochaines rencontres VizThink Rennes qui se feront sur le format d’ateliers.
Le thème de la musique à Rennes et de son réseau informel pourraient être une prochaine piste de travail pour le rendez-vous du mois prochain : comment visualiser se réseau ? Les méthodes de design « traditionnelles » pourront être employées pour cet atelier en complément de l’approche très Internet des rencontres rennaises. Ce souhait répond au fait qu’un bon nombre de musiciens rennais joue dans plusieurs groupes et participe à de nombreux projets en parallèle. Une visualisation de ce réseau permettrait de développer un angle plus culturel et moins techno.
Pour exemple, les arbres de pearltrees sont très intéressants à utiliser mais restreints à un champ technologique. l’idéal serait de créer un réseau par un outil propre (par exemple en graphML).

