Agrégateur de flux
Laval Virtual en vidéo
Bug était à Laval Virtual cette année pour l’animation d’ateliers à destination du jeune public. A cette occasion, Toniodelaconcha a été interviewé par Christophe Batier, directeur Technique du service TICE de l’Université Lyon1, envoyé spécial en Mayenne pour Spiral TV, une web TV consacrée au eLearning, aux nouvelles technologies de l’enseignement et la formation à distance.
A 4′25″, Toniodelaconcha présente l’atelier Blinky Bug et les objectifs du tout nouveau LabFab.
Open Data : innover avec l’ouverture des données, de Simon Chignard
Simon Chignard, président de l’association Bug depuis 2009 présente en ce mois d’avril 2012 un ouvrage consacré à l’ouverture des données publiques, publié par FYP, spécialisée dans l’édition d’ouvrages dédiés à l’innovation, au numérique, et aux questions de société.
L’ouvrage aurait pu s’appeler L’Open Data pour les nuls tant il consiste en une approche pédagogique de ce que sont les données ouvertes. Des origines de l’Open Data, à l’ouverture d’une série de données publiques par l’État sur Etalab, Simon Chignard accompagne le novice dans la découverte de cette notion très présente dans la bouche de certains, encore inconnue de la majorité. L’ouvrage rappelle que cette idée est trans-courants, pas l’apanage d’un camp politique ou de l’autre, une idée née dans le monde anglo-saxons qui s’installe en France depuis 4 à 5 ans. Simon Chignard dresse la typologie des acteurs, des différents types de données, des licences et de leurs implications dans la réutilisation des données, en se référant à des exemples précis pour illustrer son propos.
Dans une deuxième partie, l’ouvrage se transforme en guide pratique à destination des collectivités, élus, assos ou toute personne souhaitant « se lancer » dans l’open data : à partir des exemples français, l’ouverture menée par Rennes Métropole, le conseil général de Saone-et-Loire, Nantes, Paris ou Bordeaux, Simon Chignard tente une synthèse des expériences, un résumé des pratiques, bonnes ou moins bonnes.
Un ouvrage à conseiller à tous ceux qui souhaitent avoir une vision d’ensemble et mieux comprendre ce mouvement d’ouverture des données publiques, aussi utile au néophyte qui veut comprendre de quoi il en retourne qu’à l’initié qui trouvera là une synthèse utile à la réflexion, pour aller de l’avant et inventer des nouveaux usages.
Site de l’ouvrage : http://www.donneesouvertes.info
Trouver l’ouvrage en librairie : Librairie Le Failler, rue Saint-Georges, 35000 Rennes
Trouver l’ouvrage sur le net : Amazon
Les ateliers de Bug à Laval Virtual 2012
Les rencontres internationales de la réalité virtuelle Laval Virtual se tenaient du mercredi 28 au dimanche 1er avril 2012, trois jours de rencontres professionnelles, deux jours réservés au grand public. En 14 ans d’existence, l’événement a réussi à fédérer dans la région un véritable écosystème d’entreprises innovantes.
Déjà présents lors de l’édition 2011 avec le projet Forward To The Past, en 2012, Bug propose et anime des ateliers ouvert à tous. Le matin, initiation à la construction de Blinky Bugs, insectes électro-mécaniques, pour les enfants et familles, l’après-midi, initiation au design hardware pour les 12-18 ans.
Au milieu des prototypes de 3D et de réalité augmentée proposés par les plus grandes sociétés européennes, notre petit atelier d’initiation à la bricole et à l’électronique éveille la curiosité. Les enfants et les parents font la queue pour pouvoir fabriquer et repartir avec leur Blinky bug. Les ados traînent leurs parents, parfois l’inverse, pour l’initiation au design hardware, attirés par les Led qui clignotent, les fers à souder et les starters kits Arduino.
De nombreuses questions sont posées sur le projet LabFab récemment ouvert à l’école des Beaux-arts de Rennes, plus largement sur l’open-source et les différentes ressources disponibles en ligne pour avancer sur ses projets.
Les bricodeurs et autres Homo Faber de Laval, du Mans, d’Angers ont hâte qu’une structure équivalente voit le jour dans leur région pour partager leurs projets et se retrouver autour du do it yourself, de l’open-hardware (électronique libre).
Pour revivre l’événement en vidéos sympathiques, n’hésitez pas à consulter les reportages de M.@Batier sur sa chaîne Youtube dédiée.
Apéruche : trouver et utiliser des images sous licence libre, domaine public et liberté de panorama
Une vingtaine de personnes étaient présentes le 29 février 2012 à la Cantine numérique rennaise pour l’apéruche « Trouver et utiliser des images sous licence libre », un apéruche pensé comme un atelier d’initiation au droit des images en général et à l’utilisation des licences Creative Commons en particulier.
Aperuche trouver et utiliser des images sous licence libre View more presentations from Régis ChatellierCet atelier fut l’occasion de passer en revue les erreurs, volontaires ou involontaires, commises par les professionnels de la communication et des médias quant à l’utilisation de documents iconographiques, depuis l’utilisation abusive de la mention DR, pour Droits réservés, à la méconnaissance du Droit de l’image : la reprise de photos trouvées sur Google Images sans vérification de leurs licences. L’occasion également de rappeler ce qu’est une licence libre, qui n’est ni synonyme de gratuité, ni synonyme de « libre de droit », qui en France n’existe pas, et enfin de faire la différence entre le Droit de l’image et le Droit à l’image (qui pourra faire l’objet d’un prochain apéruche).
Après une présentation générale, les conversations portent sur des questions assez précises, et notamment sur les difficulté et parfois les aberrations que posent le Droit de l’image régit par le code de la propriété intellectuelle. Il existe notamment une réelle tension sur la notion de domaine public, qui dépend de l’article L.123-1 : « L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l’année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent. » De nombreuse tentatives de remise en cause du domaine public sont en cours en France et dans le monde. Un mouvement de protection de celui-ci est en marche, notamment au travers du manifeste pour le domaine public, que chacun peut consulter et signer en ligne.
Autre sujet de débat, le cas des architectes et de la liberté de panorama. Les bâtiments signés par des architectes sont soumis au droit d’auteur au même titre que des œuvres artistiques, ces droits incluent le droit des images de ces bâtiments. Ainsi, on se retrouve dans la situation ubuesque dans laquelle il est théoriquement interdit de photographier et surtout publier des images d’une rue, d’un pâté de maison dans lequel on retrouve une « oeuvre » signée par un architecte, puisqu’en France, » l’incorporation d’une œuvre dans le domaine public ne la fait certainement pas échapper au droit commun pour ce qui est des droits reconnus à son auteur« . Nous prenions le cas notamment des Champs Libres, qui entrent dans ce cadre, et plus encore de l’esplanade Charles de Gaulle où au final aucune image n’est théoriquement possible. La place est cernée par les architectes : au nord, Louis Arretche et le Liberté (ex-salle omnisports), à l’est : le cinéma Gaumont de Christian de Portzamparc, au sud-est, les Champs Libres, toujours de Portzamparc, au sud, le 4BIs de Yves-Marie Maurer, etc. Si on respecte la loi, aucune photo n’est possible sur cette place, pas même une image du sol puisque l’on risquerait de photographier un des clous de l’esplanade, l’œuvre de Nicolas Michelin.
Dans de nombreux pays, une législation d’exception au droit d’auteur, la liberté de panorama, impose qu’une oeuvre installée de manière permanente dans l’espace public tombe de fait dans le domaine public, afin de permettre la publication de photographies de celui-ci. La législation française ne dispose pas de cette exception. Depuis 2011, de nombreuses personnes dont l’association Wikimedia France militent pour l’instauration de la liberté de panorama. Un amendement avait été déposé par les députés Lionel Tardy et Jean Dionis du Séjour le 19 novembre 2011, rejeté par l’assemblée…
Ces questions peuvent devenir très vite complexes, mais l’atelier était là pour donner les bases à chacun afin de se retrouver dans la « jungle » des licences, utiliser les licences Creative Commons, qui ont largement contribué à simplifier les usages pour les internautes, les photographes, les professionnels de la communication et des médias.
Un atelier qui en appelle d’autres.
[podcast] E-Toile spéciale électronique libre, au Jardin numérique
E-Toile était au Jardin numérique, trois jours consacrés à la création numérique, à l’électronique libre et au partage du savoirs. Les bidouilleurs et bricoleurs s’étaient donné rendez-vous au Jardin moderne, investi par des installations et ateliers pratique.
L’occasion pour e-Toile d’enregistrer une émission spéciale, avec Aymeric Laisné (3hitcombo) et John Lejeune (Hackable Devices), deux acteurs importants du jeu vidéo et de l’électronique libre à Rennes.
Hackerspace ? Fablab ? OpenHardware ? Arduino ? Bien commun ? Si tous ces termes ne vous disent rien, ou pas grand chose, cette émission est pour vous.
E-Toile – jeudi 02 février 2012 – spéciale Jardin numérique by assobug
Apéruche VizThink : datajournalisme et outils de visualisation
Bug et la communauté VizThink France proposaient ce mercredi 25 janvier un atelier Vizthink à la Cantine numérique rennaise. Un peu plus de vingt personnes avaient répondu présent, des journalistes, des fonctionnaires territoriaux, des chercheurs, des entrepreneurs, des étudiants… des personnes déjà au fait de la notion de VizThink.
En introduction, Philippe Mc Clenahan présente le projet VizThink français, dont dont il fut l’initiateur à Rennes, lancé dans le cadre des apéruches en 2010. Aujourd’hui, des communautés se créent à Paris, Lille, Toulouse et Aix en Provence, chacune avec ses spécificités. Alors que Rennes est très orienté infographie et data-visualisation, Toulouse est plus tournée vers le « design thinking ». A Aix en Provence, Philippe Mc Clenahan envisage de travailler avec des chorégraphes en danse contemporaine, spécialistes du sketching : chacune de leur chorégraphie étant d’abord posée sur le papier, mise en image plutôt qu’en mots. VizThink est une communauté informelle, sans statut associatif, non-commerciale, l’idée est d’échanger et de réunir des participants motivés par la réflexion sur cette forme innovante de « pensée par l’image » qu’est le VizThink.
A Rennes, nous avons la chance d’avoir des personnes qui se bougent, tentent et travaillent à des nouveaux projets : Jean Abbiateci est de ceux là. Celui que l’on avait déjà invité pour nous présenter son webdoc Africascopie, était cette fois convié pour ses travaux de datajournalisme, visibles sur le site data-projet.com. « Le datajournalisme, on en parle beaucoup, et il y a finalement peu de travaux disponibles en France », c’est pourquoi Jean Abbiateci s’est lancé dans la création d’outils de visualisation. Le premier en date était un système de visualisation de la ventilation du budget de l’état, avec des comparaisons sur cinq ans. Le projet qui n’est pas sans rappeler le projet d’arbre de la dépense publique (tax tree) qui avait remporté en 2010 le concours Apps for democracy en Finlande, propose un graphique représentant les dépenses de l’état poste par poste, sur une infographie interactive où la taille de chaque rectangle est proportionnelle au montant des crédits alloués.
Data.gouv n’était pas en ligne lorsqu’il a fallu réunir les chiffres du budget de l’état, Jean Abbiateci s’est donc tourné vers le portail Performance-public. En compulsant une centaine de pdf, à la main, en allant chercher le chiffre utile dans chaque tableau, il a pu constituer un gros fichier excel sur quatre ans de dépenses, par postes et sous postes. Il nous explique que ça n’aurait pas été plus simple avec le portail data.gouv, sur lequel des milliers de fichiers ont été déposés sans médiation ni explication, la représentation des comptes étant différente d’un tableau à l’autre : « à refaire aujourd’hui j’utiliserais à nouveau Performance-publique ».
Au moyen d’une librairie javascript disponible en ligne et de l’api charts de Google pour générer des graphiques. « Avec un peu de connaissance html et css, ce n’est pas trop compliqué », Jean Abbiateci rend intelligible le budget de l’état sur une infographie interactive et visuellement pertinente. « Par exemple, on mesure bien l’importance de la dette, la faiblesse relative du budget consacré à la culture ou à la justice ». Les évolutions sur cinq ans donnent une idée des orientations politiques postes par poste.
Un travail réalisé à titre personnel, en quatre jours, qui comme le dit Jean Abbiateci, serait certainement perfectible en y consacrant plus de temps, mais dont la qualité est indéniable. Sur le site data-projet.com, on retrouve également la carte « où vivent les riches ? », où l’on découvre que la commune de Oyonnax compte un nombre important d’imposables à l’ISF. Une carte qui « permet de sortir des idées toutes faites et de traiter l’info un peu différemment, on ira peut-être enquêter à Oyonnax pour changer de Neuilly ou du 16ème« .
Un participant, journaliste, pose la question du coût et du financement : combien coûte un data-journaliste ? Quel budget pour une enquête de data-journalisme ? Qui est-ce que ça intéresse ? Est-ce que cela intéressera réellement le lectorat sur le long terme ? Ces rencontres où tout le public est convaincu ne sont-elles pas trop biaisées, comment aller convaincre ceux qui en fréquentent pas ateliers VizThink ou les rencontres HackThePress ? Autant de question pertinentes auxquelles il n’y a d’autre réponse que celle de continuer à créer des outils pertinent, afin qu’ils deviennent une évidence, pour le public comme pour les rédactions.
Dans l’ensemble, et en conclusion, Jean Abbatieci nous dit qu’il « faut un appétit de journaliste pour bien attaquer la donnée : les journalistes l’ont, les informaticiens l’ont, les graphistes souvent moins« , la question est « on a une info, comment on fait pour la traiter : peu importe la manière de la traiter, c’est ce qu’on va réussir à en tirer qui est intéressant ».
Atelier et non conférence, le rendez-vous est l’occasion de présenter des projets en cours, de soumettre des idées et trouver ensemble des solutions. Richard de Logu présente un projet de visualisation de la cartographie sociale des musiciens rennais sur 30 à 40 ans, créer un outil interactif, sur le modèle de SeattleBandMap (mais en beaucoup plus léger) pour naviguer d’un groupe à l’autre par les musiciens qui le compose. L’intérêt est de repérer les musiciens où les groupes pivots qui ont fait l’histoire des musiques actuelles à Rennes. Une cartographie sociale, des fiches modifiables couplées avec le Wiki-Rennes (sur lequel on trouve déjà 190 groupes ou artistes locaux), des vidéos et du son pour voyager dans les musiques actuelles. Les participants à l’atelier rebondissent, l’exemple de la base de données des Trans Musicales est donné : ce projet ne se restreint pas aux Trans. « Pourquoi ne pas ajouter les lieux de concerts pour repérer les lieux qui ont fait l’histoire ? » : solution écartée, il faut une entrée, pas deux pour que le projet soit accessible et pertinent. Quid du travail de recherche ? Le Wiki-Rennes sera la base du travail documentaire, les acteurs locaux des ressources musicales seront impliqués, un projet global autour de la visualisation, complètement en accord avec la philosophie des ateliers VizThink.
Dernier sujet abordé, la réflexion sur la création d’une typologie des services de consommation collaborative. Suite aux deux apéruches consacrés au sujet en moins d’un an, l’idée de créer une typologie des différents services dits de consommation collaborative est née. Un récent édito de Hubert Guillaud sur InternetActu a été l’occasion de se lancer. En effet, ces services sont souvent traités également dans l’analyse, quand ceux-ci ne sont pas tous équivalents : quel rapport entre une personnes qui prête son canapé à une autre, qu’il ne connaît pas à l’avance, à qui il ne demande aucune participation financière, avec qui il partage un peu de de son temps, et une autre qui loue ce même canapé 50 euros la nuit à une autre qu’il ne verra pas nécessairement. Peu si ce n’est que les deux services, couchsurfing et AirBNB sont considérés comme formant part du mouvement de la « consommation collaborative ». Une réflexion est en cours sur la manière dont on pourrait créer une typologie, selon les aspirations des consommateurs, et des « producteurs », afin non pas de dire que l’un est bon, l’autre est mauvais, mais de ne plus les traiter exactement sur le même plan. Représenter des services différents en fonction de critères eux-mêmes très différents : un casse-tête qu’il était intéressant de partager et dont les résultats seront bientôt partagés sur ce même blog.
Au final, deux heures d’ateliers, presque trop peu tant chaque sujet était l’occasion d’échanges passionnés et passionnants. Un atelier qui en appelle un autre, dans deux mois, toujours à la Cantine numérique.

